La Corse du 07 au 24 octobre 2013

Lundi 07 octobre

Partis à 14h00 de Ste Foy, nous arrivons à Toulon vers 18h15. Garés près de l’embarcadère des ferries, nous avons le temps de faire un tour dans la vieille ville. Nous entrons dans la cathédrale N Dame de la Seds (1096), édifice agrandi au XVIIème siècle par une extension vers le nord incluant la chapelle voisine des Saintes Reliques... Restructuration qui explique la position excentrée du dôme et le changement d'axe du bâtiment, la longueur de l'ancien devenant la largeur du nouveau.

A 19h30, nous embarquons dans la zone 3A, à l'avant du ferry

Deux étages plus haut, sur le pont 5, nous repérons nos fauteuils Pullman.

Et c'est du pont 7 que nous regardons l'embarquement se poursuivre jusqu'à 21h00, lorsque les lamaneurs détachent les amarres.

Repas pris au self puis retour au pont 7.

Vers 21h45, nous assistons à un ballet de 3 pneumatiques tous feux éteints manœuvrés par des militaires, peut. être ceux du sous-marin ancré vers la presqu'île de Gien, repérable par son feu qui clignote,  Ils semblent s’entraîner à se caler contre la coque du ferry et y poser et déposer un boitier bleu fluo aimanté. La pluie qui augmente en intensité ne les empêche pas de continuer leur entrainement pendant presque une heure. Leur départ nous surprend tant ils se sont fondus rapidement dans l'obscurité environnante.

De retour dans la salle des Pullman, nous trouvons nos fauteuils déjà occupés ! Pas bien gênant puisque le lieu est quasi désert... certains dormant par terre ! Nous avons donc le choix de nos places... mais l'inconfort est le même partout. Froid du petit matin et vieilles douleurs nous réveillent vers 5h30.

 

Mardi 8 octobre

 

Nous attendons l'ouverture du self à 6h00... et réalisons que les banquettes ici sont plus moelleuses que nos Pullman et plus pratiques pour s'y allonger !

 

Débarquement  au port d'Ajaccio à 7h30

Nous arrivons à 9h00 à l'Isolella où nous étions attendus pour 9h30, alors nous faisons un petit tour en bord de mer.

A l'heure dite, nous nous installons dans la "Bella Casa".

Et après midi plage et baignade.

Mercredi 9 octobre

En route vers 10h00 : 1er circuit au nord d'Ajaccio par le col de Listincone, le col de San Bastiano pour atteindre le rivage au golfe de Liscia, puis retour sur la N193 par Tiuccia, Casaglione, le col d'Ambiegnia, San d'Orcino et Sarola - Carcopino.

Détour : au col de Listincone, nous montons à droite vers Appietto d'où la vue s'étend vers
 le golfe de Lava (au SO)                                                               et le rocher Gozzi (au S-E).

 

 

 

En 1886, c'est à Appietto qu'atterrirent Louis Cappaza et Alphonse Fondère avec leur ballon de 200 m3, le Gabizos, qui avait décollé de Marseille. Une stèle est érigée au col de San Bastiano.

 

 

 

Appietto est un petit village de 3 hameaux adossés aux falaises granitiques de la Punta San Sisto (876m). 
Son château en ruine appartenait aux redoutables comtes de la Cinarca.

Sari d'Orcino

Vue de la route en direction du col de Carazzi (N193)

Le second circuit de la journée est au N-E d'Ajaccio : Tavera, Bocognano, Bastelica, détour vers le pont Zipitoli, puis longeant la Prunelli nous arrivons au pont de la Pierre pour finir par Bastelicaccia avant retour à la maison.

 

Ci dessous, Statue menhir (200 av JC), 2,40m de haut, découverte à Canapale, hameau de Tavera)

Nous continuons par la visite de Bocognano

Nous cherchons le vieux moulin mais son accès est fermé car nous sommes hors saison...

 

 

la fontaine

Palazzo di Napulio : construction ordonnée par Napoléon en 1797... mais achevée en 1859...

Napoléon n'aura pas l'occasion d'y résider.


Sur la D17 : la cascade du Voile de la Mariée, chute d'eau de plus de 70 m.

La disparition des cultures de céréales, vergers et potagers a libéré de vastes espaces, favorisant l'élevage en libre parcours. Celui-ci a permis le croisement du cochon et du sanglier. Les animaux vivent dehors été comme hiver.

et mettent bas en forêt. Habitués à recevoir de la nourriture au même endroit, ils répondent aux appels de l'éleveur.

Tout le cheptel est donc en semi-liberté (vaches, moutons, ânes, chèvres...)


Bastelica

 

C'est la statue de Sampiero, militaire né ici en 1498. Il fut au service des Médicis puis de François Ier et enfin d'Henri II qui, vaincu par Charles Quint, doit restituer la Corse aux Génois.

En 1564, Sampiero tente de soulever la population corse contre les Génois, mais l'insurrection ne menaça jamais les villes.

Un an auparavant Sampiero avait tué sa femme (trente deux ans de moins que lui) à Marseille.

La famille de celle-ci (Vannina d'Ornano) le fit assassiner en 1567.

Pont Génois de Zipitoli

Tablier de galets en pas d'âne : conçu comme un escalier à longues marches, il permettait aux carrioles de la franchir aisément. Les ponts génois furent construits du XIIème au XVIIIème siècle (mais surtout au XVème siècle) pour désenclaver les communes isolées. Ces ponts ont fait la preuve de leur grande solidité.

cascade de Carnavale

 

 

 

Pont de la Pierre ou des sept poussins (Setti Pulli).

La légende date de l'an mil : le comte Forte assassina Arrigo Bel Messere d'un coup de javelot et noya ses sept fils comme des poulets


Ces deux circuits totalisent 180 km.

 

Jeudi 10 octobre

 

Circuit Est de Porticcio vers Zicavo puis au sud par Propriano et retour par la côte Ouest.

Après la N196, nous empruntons la D83.

Arrêt à Ste Marie Siche pour visiter l'église Sta Maria Assunta dont le mur latéral nord recèle la plus ancienne corniche à arcature et modillons de la Corse (IXème siècle)

 

 

La tour Sampiero, dans le village de Vico.

 

 

 

Cette maison a été habitée par le grand patriote Sampiero, né en 1501, mort en 1569, héros de l'indépendance corse, allié de la France et ennemi des Génois, oppresseurs de son pays


Et nous voila à Zevaco avec son arca.

Dans la chapelle funéraire se trouve l'accès à l'arca (tombe collective). C'est une tradition insulaire interdite dès 1789, puis en 1830 par le préfet par mesure d'hygienne...

L'arca de Zevaco servit tout de même jusqu'en 1914 !

 

Nous reprenons la magnifique route entièrement refaite jusqu'au col de Vaccia où nous attend le brouillard...

puis descente sur Aullène...

Avant Propriano, nous prenons à gauche pour atteindre Ste Lucie de Tallano.

L'église Ste Lucie date de 1492. Lucie est la patronne du village. Elle s'arracha les yeux pour ne plus inciter ses admirateurs à la concupiscence... 

Couvent St François, qui passait pour un des plus riches de Corse...

Une légende du XIXème siècle raconte qu'une vendetta entre deux familles du village entraîna la mort de deux membres de chaque clan, d'abord en 1824, puis en 1834. Un témoin du second épisode accusa faussement un abbé, cousin d'une des familles.Ce dernier lui lança : "Ah, tu m'as vu... et bien tu ne me verras plus!" et les yeux du témoin jaillirent, sanglants, sur ses joues...

Le village est tout entier sous le signe de l'oeil... grâce à la diorite orbiculaire (gisement de roche éruptive cristallisée en figures concentriques gris clair ou vert sombre)

 

Casa forte : maison qui accueillait autrefois la population lorsqu'un danger la menaçait...

En reprenant la D69, un arrêt au pont Spin'a Cavallu (dos de cheval) qui date du XIIIème siècle.

64m de long, 2,60m de large, il surplombe la rivière de 8m.

Il fut réutilisé en 1911 quand les crues emportèrent les nouveaux ponts !

 

et nous voici à Coti Chiavari

En 1855 l'Etat acquiert ici 2219 Ha de terrain et chasse brutalement toute la population afin d'y installer un pénitencier à vocation agricole.

Fièvres et insalubrité firent mourir 82% des détenus la première année. Il fut ensuite d'usage de transférer les prisonniers plus haut dans la montagne pendant les grandes chaleurs.

Le pénitencier fut fermé en juillet 1906 et les détenus envoyés à Cayenne.

Le site fut vendu en 1964 à une société immobilière qui fit démolir une grande partie des bâtiments.

Ne subsistent que le campanile, la grange à fourrage, les cuves à vin et fosses à purin ainsi que le portillon de l'horloge.

 

Aujourd'hui, nous avons parcouru 220 km.

 

Vendredi 11 octobre

Descente au sud (Propriano, Sartène) jusqu'à Bonifacio où nous camperons cette nuit.

 

Littoral au S-O de Propriano : la tour de Campomoroélément de défense côtière (90 au total), bâti par les Génois à partir de 1530. Les tours servaient aussi de poste douaniers et d'amers aux bateaux.

L'eau recueillie sur la terrasse allait remplir la citerne au rez de chaussée.

Les gardes disposaient d'une salle de guet et d'une salle de repos (accès par trappes et échelles).

Ils étaient recrutés parmi les habitants et payés sur les taxes locales. 

Pointe Campomoro                                                                          Sur la route de Sartène...                                                        

A 14h00, nous sommes à l'OT de Sartène. 

                                                                                

              l'échauguette sur un reste du mur d'enceinte              ruelle en escalier d'âne                       église Ste Marie (1768)

                                                                                                         (1 marche longue, 2 courtes, etc)

Sartène fut fondée par les Génois en 1507 et dotée d'une muraille en 1520.

Elle fut prise par Hassan Pacha, roi d'Alger, en 1583 et ses trois cents habitants furent emmenés en esclavage.

Au XIXème siècle une vendetta y dura 10 ans...Le traité de paix fut signé dans l'église.

 

A voir dans l'église:

le maître autel en marbre polychrome (1781)

la croix pesant plus de 30 kg et la chaîne (15 kg) de la procession du vendredi saint, portées par un pénitent vêtu de rouge, aidé par un pénitent blanc et suivi par huit pénitents noirs symbolisant les juifs...

La procession dure deux heures et s'effectue pieds nus

Les pénitents s'inscrivent bien des années à l'avance sur le registre du curé de Sartène (liste secrète)

Au hasard, dans la ville...

l'éclairage public

Au sud de Sartène, à Cauria, visite des alignements et dolmen.

Découverts en 1968, ces statues menhirs sont installées en file indienne par René Grosjean au milieu du XXème siècle.

Suivre le circuit qui mènera aux alignements d'Isantari, de Renaghju et au dolmen de Funtanaccia....

Ces monolithes de granite sont à la fois anthropomorphes et phalliques...

 

Isantari :

Renaghju :

et Funtanaccia :

Dolmen = sépulture collective...

Il en existe une cinquantaine en Corse, surtout dans le sud

Celui-ci est un élément d'une nécropole d'au moins trois dolmens; il est ouvert au S-E (3,4 x 2,9m) et composé de six dalles régularisées... Il pèse ~15 t.

Plusieurs fractures anciennes ou récentes fragilisent l'ensemble.

nous reprenons la route en direction de Bonifacio tout en cherchant un camping...

Panorama depuis le col de Roppina sur le cap de Roccapina

et le rocher du Lion

Après 3 arrêts devant des campings fermés, nous trouvons enfin une place dans celui-ci, juste à l'entrée de Bonifacio


Samedi 12 octobre 

 Après une bonne nuit à 20,40€ (hors saison!), le matériel replié et rangé avant 9h00.

Montée à l'Ermitage de la Trinité (fermé !)

 

Nous rejoignons Bonifacio, citadelle de calcaire dans une île de granite.

On y voit des moineaux espagnols (race vivant en Sardaigne.

Les bouches de Bonifacio (passage entre Corse et Sardaigne) sont un goulet étroit (6,5 miles de large) et venteux... donc encombrés d'épaves...

Nous nous garons près de l'église St Dominique (fermée !) et promenade dans la vieille ville en attendant l'ouverture de l'OT...

     Escalier d'Aragon           Monument aux légionnaires        vestige de moulin à vent ?

 

L'escalier d'Aragon possède 187 marches.

la légende dit que, en 1420, pour contourner le blocus imposé par les Aragonais, les Bonifaciens l'auraient taillé dans le calcaire en une seule nuit...

Le monument aux légionnaires (campagnes du Sud Oranais 1897-1902), initialement érigé à Saïda (Algérie), fut rapatrié en 1962 à Bonifacio, 1ère garnison de la Légion en Corse...

 

Retour à l'église St Dominique

la décollation de St Jean Baptiste dans l'église St Jean Baptiste...

Eglise Ste Marie Majeure, la plus ancienne de la ville (XIIème siècle)

en flânant dans la ville...

la maison des podestats                

Ornée de créneaux et du blason de la république de Gênes, elle était jadis la demeure du Ier magistrat de la ville, gardien des clefs de la cité.

 

Vue depuis le bastion de l'Etendard...

La citadelle du XIIIème siècle fut longtemps une des plus solides de la Méditerranée...

Au XIVème siècle, les murailles furent doublées, les tours transformées en bastions et les batteries casematées.

mais ses 12 tours ne purent résister aux 5000 boulets français et turcs du siège de 1553.

Sur la rue des deux empereurs...

 

maison Cattaciolo où dormit Charles Quint de retour d'Alger en 1541...

 

 

Maison de la famille Bonaparte jusqu'en 1721.

Napoléon y dormit en 1973 avant d'aller envahir la Sardaigne...


Eglise Ste Croix

Elle possède un reliquaire contenant un morceau de la vraie croix...

Après une belle (et inhabituelle) ligne droite en "montagnes russes" malgré tout, nous dépassons Posto Vecchio et bifurquons vers l'intérieur des terres.

 

 

Après une belle (et inhabituelle) ligne droite en "montagnes russes" malgré tout, nous dépassons Porto Vecchio et bifurquons vers l'intérieur des terres.

 

Pique nique à l'Ospedale, site d'un ancien hôpital romain.

 

 

 

 

La transhumance vers les hauteurs se fait en ordre stricte : chèvres, brebis, charrette du berger et de sa famille, puis la truie et ses gorets...

Un lac, vers Zonza

les Aiguilles de Bavella

au col de Bavella               

 

En poursuivant vers le N-E : le col de Larone

retour vers le col de Bavella

                                                                                               

entre Aullène et le col de St Eustache                                               de la D757 à la D302            U Cantonu : menhir solitaire

à la sortie de Pila Canale 

 

Aujourd'hui 210 km de plus au compteur

 

 dimanche 13 octobre

 

 

 

matinée ménage rangement...

 

 

 

début d'après midi à la plage

 

ensuite direction Ajaccio SNCF pour préparer notre voyage en train de mardi

 

nous allons en profiter pour visiter la ville

La cathédrale fut achevée en 1593. Elle a été édifiée en remplacement de l'église Ste Croix que l'aménagement des fossés de la citadelle avait obligé à démolir en 1553.

Architecture typique de la Contre-Réforme : plan en croix latine, coupole sur pendentif à la croisée du transept.

Napoléon y fut baptisé en 1771.

 

 

Eglise St Jean Baptiste

 

 

Façade à fronton triangulaire et pilastres plats

 

 

 

Transformée en salle de bal et de spectacles après la Révolution, elle fut rendue au culte après le Concordat

Le site d'Ajaccio a été occupé dès l'Antiquité ainsi qu'au Moyen Age.

Les Génois y établirent une colonie agraire dès 1272.

Ceinte de remparts en 1503, Ajaccio devint, pour trois siècles, "ville close".

Les fortifications furent renforcées par les occupants français de 1553 à 1559.

La famille Buonaparte a fait partie des colons-citoyens venus de Ligurie à la fin du XVème siècle.

La gestion de la cité était confiée à un Consiglio de 60 membres, dont 36 obligatoirement nés à Gênes.

Six Anciens étaient désignés par ce conseil pour les fonctions exécutives.

En 1577 une municipalité de 27 membres fut instituée.

Plus tard ce sont les familles patriciennes qui imposeront la liste des Conseillers et des Anciens.

C'est un officiel génois qui répartit les terres aux alentours d'Ajaccio aux colons, créant des conflits avec les Coreses de tradition pastorale qui y font passer leurs troupeaux.

la maison Bonaparte

Possession initiale de la famille Bozzi qui passa entièrement aux mains des Bonaparte par le jeu des alliances et des héritages (fin XVIIème siècle)

Napoléon y naquit ainsi que six de ses frères et sœurs, seul l’aîné, Joseph, est né à Corte.

De 1793 à 1796, la famille vit sur le continent et la moisson est pillée par les paolistes.

De retour en Corse, Letizia, mère de Napoléon réintègre et rénove la maison où Napoléon séjournera quelques jours à son retour d'Egypte en 1799.

En 1805, il la donne à son cousin puis elle revient à Joseph en 1843.

Sa fille l'offre en 1852 à Napoléon III et Eugénie.

 

La Citadèle,

lieu de détention pendant la seconde guerre mondiale (dernier séjour du résistant Fred Scamaroni)

La révolution des quarante ans.

Au XVIIIème siècle, la Corse tente de s'affranchir de la domination étrangère

* 1ère émeute en 1729 avec élection des premiers généraux de la nation Corse. Echec en 1732 (alliance Gênes et Charles VI)

* 2ème révolution en 1733, dirigée par Giacinto Paoli. L'indépendance est proclamée, un roi, le baron de Neuhoff est élu en 1736. Mais c'est un aventurier, il quitte l'île 7 mois après.

* 1738 : Louis XV intervient  en Corse. D'abord vaincu à Borgo, il obtient la reddition, en juillet, des chefs corses qui doivent s'exiler.

* 1741 : 3ème insurrection : les Corses, aidés par la coalition anglo-austro-sarde prennent Bastia puis la reperdent La paix d'Aix la Chapelle (oct 1748) nomme un administrateur de l'île pour le compte des Génois et des Français.

* 1752 : soulèvement dirigé par le patriote Gaffori que Gênes fait assassiner l'année suivante. Pour le remplacer, les insurgés font appel à Pasquale Paoli, fils de Giacinto. En novembre 1755, il fait adopter sa Constitution par l'assemblée de Corte. La tête de Maure devient l'emblème national en 1762 (en remontant sur les cheveux, le bandeau qui lui couvrait les yeux)

 

Admirateur de l'esprit des Lumières, Paoli s'efforce d'ouvrir la Corse vers le monde extérieur. Il crée une université à Corte, une imprimerie nationale à Oletta, une marine en 1767 et fait battre monnaie.

Le déclin économique de Gênes permet à la France d'obtenir la cession de la Corse (traité de Versailles 1768).

Les troupes françaises écrasent les patriotes corses à Ponte Nuovo (mai 1769). Paoli est exilé. La nation corse a vécu.

En vingt ans, la royauté française défait ce que la Constitution paoline avait construit. Une révlte est matée avec férocité en 1774 dans le Niolo. En échange de leur soumission, 80 familles (dont les Bonaparte) sont anoblies.

En 1790 l'île devient un département français. Paoli revient et est élu président du Conseil Général et commandant en chef des gardes nationaux. Jugé trop tiède par les jacobins qui veulent l'arrêter, il se tourne vers les Anglais qui nomment un aristocrate écossais vice-roi de Corse en 1794. Des émeutes anti-anglaises réprimées en 1795 obligent Paoli à quitter l'île. En 1796, après le départ des troupes anglaises, l'armée française, dirigée par Napoléon et Lucien prend pied en Corse.

Deux autres insurrections (1798 et 1799) sont écrasées dans le sang

maison natale de Danielle (Vicentella) Casanova, résistante déportée et décédée à Auschwitz en 1943

Statue copie conforme de celle qui surmontait la colonne Vendôme à Paris de 1833 à 1863, aujourd'hui dans la cour des Invalides.

Place d'Austerlitz

Encadré de 2 aigles, l'Empereur domine sa ville natale à 17m de hauteur

grotte Napoléon qui aurait abrité ses jeux d'enfants avant son départ pour l'école militaire de Brienne à 9 ans.


Place du Diamant.  Cet emplacement appartenait à la famille Diamante                     Phare de 18m édifié sur Mezzomare 

Statues de Viollet le Duc (1855) : Napoléon et ses frères en bronze (offert par             en 1845

Napoléon III) et piedestal de granite rose.

Nous sommes en direction des îles Sanguinaires pour assister au coucher du soleil.

Sur la route du retour, nous apercevons la chapelle des Grecs (1632), lieu de culte des grecs chassés du Péloponnèse par les Turcs en 1676 et le cimetière avec ses tombes monumentales baroques ou néo-classiques.

Lundi 14 octobre

Nous sommes à Sagone, chapelle Sant' Appiano, où on aperçoit des statues menhirs incluses dans le mur...

 

 

puis à Cargèse où église grecque et église latine se font face...

Eglise grecque (1852-1870)

Une colonie grecque fut installée ici par les Français en 1773.

Mais les rivalités entre Corses et Grecs ne cesseront qu'au milieu du XIXème siècle.

Selon la tradition, le sanctuaire est séparé de la nef par une                            Mise au tombeau (peinture sur bois)                 

iconostase, cloison de bois décorée d'images saintes                           Les Grecs lui attribuaient des vertus miraculeuses

Un seul prêtre officie pour les deux communautés, orientale et latine.

 

L'église latine, de style baroque tardif, fut édifiée au XIXème siècle lorsque les Corses implantés à Cargèse sont devenus aussi nombreux que les Grecs.

Sur la route de Piana

La légende raconte que Satan tomba amoureux d'une bergère à Piana.

Celle-ci appela son mari à l'aide et repoussa le Malin.

Pour se venger, le diable les pétrifia dans un paysage peuplé de chimères de granite... Ainsi naquirent les calanches.

 

Quant à nous, nous descendons à Ficaghiola avec l'intention de pique niquer sur la plage... mais il pleut !

Habituellement très  résistants à l'érosion, ces granites alcalins présentent des éléments colorés(biotite noire, amphibole verte ou brune) particulièrement sensibles aux alternances brutales d'hydratation et de dessiccation.

Ajoutée à l'action corrosive du sel, cette érosion taille, sculpte et creuse des tafoni (trous).

Après le repas pris dans la voiture, le ciel s'éclaircit et nous reprenons la D81 avec de multiples arrêts photos.

Et nous descendons sur Porto (qui n'est qu'un hameau du village d'Ota).

La route, bordée d'eucalyptus géants,  débouche sur une plage aux galets multicolores et réputée dangereuse.

L'endroit était naguère infesté par la malaria.

Après Porto et sa tour génoise à base carrée, nous continuons sur Evisa puis col de Sevi, Sagone et retour maison...

pour un apéro-coucher de soleil à la tour de l'Isolella... le tout accompagné par une sarabande de moustiques.

mardi 15 octobre

 

Lever 5h15 pour être à la gare de Mezzana, sur la N193 à 6h10 (lieu repéré hier au retour de Sagone)

Achat des billets.

le trajet se fait en nocturne jusqu'à Vizzavona

mais le ciel reste gris.

 

Nous descendons à Corte à 8h00

Avant d'attaquer la grimpette vers la ville haute, nous prenons le temps d'un petit déjeuner au bar de la Plage!!!

dicton local : "Si Corte avait un port, il ferait d'Ajaccio et de Bastia de simples potagers."

 

aube naissante

Nous allons vers la ville en empruntant la passerelle qui franchit le confluant de la Restonica et du Tavignano.

 

Corte était déjà anti-génoise en 1553 lors de son ralliement
à Sampiero Corso. 

La légende dit qu'en 1729, les jeunes filles de Corte jurèrent de ne point se marier tant que les génois gouverneraient leur pays, "pour ne pas donner le jour à des esclaves"

Paoli fit de Corte la capitale de la Corse jusqu'en 1769.

Cette année là, la fermeture de l'université par les Français marqua le début du déclin de la ville.

 

 

Dans la vieille ville...


Eglise de l'Annonciation (1459, agrandie au XVIIème siècle)

autel en marbre de Corte rouge et gris

 

 

 

 

 

 

 

Chapelle St Théophile

élevée sur le lieu natal du franciscain Biago dei Signori canonisé en 1930 sous le nom de St Théophile de Corte.

Il a négocié en 1732 avec le duc de Wurtemberg pour que ses troupes de mercenaires épargnent Corte.

 

 

Tournant le dos à sa maison natale, la statue de Gian Petro Gaffori (1704-1753)

 

Témoins de l'âpreté des luttes pour l'indépendance de la Corse, les impacts de balles sur la façade !

 

 

Gaffori, chef de la révolution insulaire, fut dès 1745 le principal obstacle à la souveraineté de Gênes, qui le fit assassiner en 1753.

 

 

Héros de la défense de la citadelle en 1750 avec sa femme Faustina qui affirma, en s'approchant d'un tonneau de poudre, qu'elle préférait tout faire sauter plutôt que de se rendre.

 

 

Nouvelle bataille en 1752 pendant laquelle les Génois prirent le bébé des Gaffori en otage. "Je suis patriote avant d'être père !" lança Gaffori... Les combats reprirent, la citadelle fut sauvée et, miracle, l'enfant aussi !..

Construite de 1769 à 1778, à côté du château du XVème siècle, en matériaux locaux : calcaire marbré de bleu de la vallée de la Restonica, sable du Tavignano, bois des forêts voisines...

Ce fut la terre, indispensable pour renforcer les parapets, qui fut la plus difficile à trouver.

Huit bastions la protègent.

L'enceinte englobait les 76 maisons du quartier des Castellacce, délabré, malsain et fort mal fréquenté.

600 personnes s'y entassaient, population de bergers belliqueux qui, par deux fois, avait attaqué et vaincu la garnison ! Pour les inciter à vider les lieux, on leur interdit de réparer leur maison en 1789, on mit les cochons à la fourrière en 1823, on neutralisa les sentiers montants du Tavignano en 1833. Finalement, les maisons furent rachetées et la population relogée en 1845 dans "la maison des 300 propriétaires".

 

 

 

 

Place du Poilu

 

 

 

Maison de la famille Arrighi de Casanova, apparentée aux Bonaparte, qui y vécurent deux ans

naissance de Joseph, fils aîné

 

 

mais aussi

 

 

Maison natale de Jean-Thomas Arrighi,

général d'Empire et duc de Padoue (1778-1853)

entrée d'une salle paroissiale ?

d'une chapelle ?              

d'un oratoire ?                 

Rare exemple d'architecture urbaine italienne de prestige (fin XVIIIème siècle). L'escalier central y est traité à la manière d'un campanile.

Chapelle Ste Croix (XVIIème siècle). C'est une église de confrérie où avait lieu chaque année (le 5/12) l’élection du podestat et des pères de la commune.

La Riccia, ruelle pavée de 1838

Fontaine des 4 canons (débit 1200l/min en hiver, 950l en été)

Elle a été érigée à la fin du règne de Louis XV (1770) Son aspect monumental de type militaire s'inscrit dans la tradition des fontaines pyramidales françaises


En train pour Bastia, départ 11h20

le trajet longe le stade de Furiani avant Bastia où nous arrivons à 13h00.

vue aérienne de Bastia côté citadelle


 

 

 

Nous prenons le bus pour nous rendre au plus près de l'OT, mais il est encore fermé. Alors, nous commençons par faire le tour de la place St Nicolas, ancien terrain vague où débouchaient au nord les eaux boueuses du Fango. Comblé avec les déblais du percement du tunnel du chemin de fer, cet espace devint le lieu des exécutions publiques.


on y voit la statue de Napoléon en empereur romain                                    et un monument aux morts de la guerre 1870-1871

(sculpteur florentin Bartolini 1854)

Après avoir récupéré un plan à l'OT, nous partons vers la citadelle en nous arrêtant à l'église St Roch

Façade néo-classique rénovée en 1900, l'édifice date de 1604.

Le culte des deux saints anti pesteux (Roch et Sébastien) témoigne du terrible traumatisme dû à la Peste Noire au XIVème siècle.

Saint Roch en gloire (bois polychrome du XVIIIème siècle) encore porté en procession tous les deux ans, le 16 août...

La taille maximum a été atteinte !

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